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Normes et conformité

Déclaration OPERAT: quelles données d’éclairage transmettre

Comment reconstituer et déclarer la consommation d'éclairage sur OPERAT quand le bâtiment ne dispose d'aucun sous-comptage dédié.

Par Luminance Consulting5 min de lecture

Schéma en trois étapes pour reconstituer la consommation d'éclairage à déclarer sur OPERAT: inventaire du parc, heures de fonctionnement, ligne de consommation

Chaque année, le même dossier revient sur le bureau du responsable technique: la déclaration à déposer sur la plateforme OPERAT avant l’échéance du 30 septembre. Les consommations de gaz sortent d’un compteur, celles d’électricité aussi. L’éclairage, lui, n’a jamais eu de compteur dédié.

Qui est concerné par le dispositif éco énergie tertiaire

Le dispositif éco énergie tertiaire, issu du décret du 23 juillet 2019 pris en application de la loi ELAN, vise les bâtiments, parties de bâtiments et ensembles de bâtiments hébergeant des activités tertiaires sur une surface de plancher d’au moins 1000 mètres carrés. Les surfaces se cumulent sur un même site, ce qui fait entrer dans le dispositif des sites qui se croyaient hors champ.

Les objectifs s’expriment en réduction de consommation d’énergie finale par rapport à une année de référence: 40 % en 2030, 50 % en 2040 et 60 % en 2050. Une seconde voie existe, fondée sur l’atteinte d’un niveau de consommation en valeur absolue, fixé par arrêté selon la catégorie d’activité.

Ce que la plateforme OPERAT attend au titre de l’éclairage

La déclaration annuelle porte sur les consommations par type d’énergie, sur les surfaces déclarées et sur les indicateurs d’intensité d’usage de l’entité fonctionnelle assujettie. Le détail poste par poste n’est pas systématiquement saisi ligne à ligne.

La donnée d’éclairage devient pourtant indispensable dès que le dossier doit être défendu: justification de l’année de référence, demande de modulation des objectifs, construction du plan d’actions, explication d’un écart d’une année sur l’autre. Un assujetti incapable d’isoler son poste éclairage se prive du levier le plus rapide à activer sur un bâtiment tertiaire.

Une donnée reconstituée reste acceptable à condition d’être documentée. La règle de conduite tient en trois points: écrire la méthode retenue, conserver les pièces qui l’appuient, et reconduire la même méthode d’une année sur l’autre. Un poste calculé selon deux méthodes différentes sur deux exercices produit un écart artificiel qu’il faudra ensuite expliquer.

Reconstituer une consommation sans sous-comptage dédié

Trois méthodes coexistent, de la plus fiable à la plus approximative. Le choix dépend de ce que le tableau électrique permet de mesurer et du temps disponible avant l’échéance.

MéthodeDonnée nécessaireFiabilité
Comptage dédiéCompteur ou module de mesure posé sur les départs éclairageÉlevée, exploitable directement
Mesure ponctuelle extrapoléeRelevé de puissance appelée sur les départs, associé aux plages horaires réellesBonne si les régimes de fonctionnement sont stables
Calcul à partir de l’inventaireParc de luminaires, puissance système, heures annuelles de fonctionnementCorrecte si l’inventaire est exhaustif et documenté

Le calcul à partir de l’inventaire reste la méthode la plus employée. Il consiste à multiplier, pour chaque famille de luminaires, la puissance du système par le nombre d’appareils et par les heures annuelles d’allumage, puis à corriger l’ensemble par les effets de la gradation et de la détection de présence là où elles existent.

Inventaire du parc: la base de tout calcul crédible

Un inventaire exploitable ne se limite pas au nombre de luminaires. Pour chaque zone, il faut la technologie, la puissance du système et non celle de la seule lampe, le nombre d’appareils, la hauteur de montage, le type de commande et la présence éventuelle d’une gestion.

La puissance du système est le point le plus souvent faussé. Un tube fluorescent de 58 watts appelle davantage une fois son ballast pris en compte, et un luminaire LED consomme la puissance de son driver, pas celle de ses seuls modules. Retenir la valeur de plaque plutôt qu’une valeur de catalogue évite la majorité des écarts.

Cet inventaire n’est pas un travail perdu. Il constitue la première pièce de tout audit d’éclairage sur site et il resservira au moment du chiffrage des travaux.

Année de référence et effet d’une rénovation déjà réalisée

L’année de référence se choisit parmi les années pleines d’exploitation comprises entre 2010 et 2019. Ce choix engage: c’est par rapport à elle que la trajectoire de réduction sera calculée pendant toute la durée du dispositif.

Un site qui a déjà rénové son éclairage a intérêt à retenir une année antérieure aux travaux, sous réserve de disposer des justificatifs de consommation correspondants. Choisir une année postérieure revient à effacer un gain déjà obtenu et à devoir le retrouver ailleurs. Les mécanismes propres aux surfaces de bureau sont détaillés dans notre article sur le décret tertiaire appliqué à l’éclairage des bureaux.

Les erreurs de déclaration les plus fréquentes

  • Retenir la puissance des sources et non la puissance appelée par le système complet, auxiliaires compris.
  • Oublier les zones allumées en permanence: circulations, sanitaires, locaux techniques, enseignes, parkings couverts.
  • Confondre heures d’ouverture et heures d’allumage réelles, souvent plus longues du fait du nettoyage et des équipes de maintenance.
  • Ignorer les blocs d’éclairage de sécurité en fonctionnement permanent.
  • Déclarer une surface qui ne correspond pas au périmètre de l’entité fonctionnelle assujettie.
  • Conserver un inventaire figé alors que des zones ont été rénovées en cours d’année.

Chacune de ces erreurs se corrige par un relevé de terrain mené zone par zone. Aucune ne se corrige devant un tableur.

Passer de la déclaration au plan d’actions

Une fois le poste éclairage isolé, il devient comparable aux autres usages et donc priorisable. C’est en général le poste où le rapport entre l’effort d’investissement et le gain annuel se démontre le plus facilement, parce que les heures de fonctionnement sont connues et que la gradation apporte un gain mesurable sans toucher au procédé de l’entreprise.

Le plan d’actions se construit alors zone par zone, en croisant l’inventaire, les niveaux réellement mesurés et les exigences applicables au local. Les repères normatifs à respecter sont rassemblés sur notre page dédiée à la conformité des installations d’éclairage, et les luminaires LED pour bureaux et open space couvrent la majorité des zones concernées dans un bâtiment tertiaire.

Pour reconstituer votre poste éclairage avant la prochaine échéance déclarative, demandez une visite de site depuis la page contact.

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